Accédez à l'extranet

 

Du bois pour le collectif

Roche lez Beaupré (25)

 

© Atelier de la rue Kléber

 

S’il n’y avait qu’un souhait à faire en ce début d’année 2008, ce serait que tous les logements sociaux ressemblent au projet de Roche Lez Beaupré, situé en Franche-Comté : six logements individuels locatifs, entièrement construits en bois. A l’origine de ce choix, les convictions environnementales très fortes du maître d’ouvrage Habitat 25, office public d’HLM du Doubs, qui souhaitait que cette réalisation s’inscrive dans une démarche HQE© (Haute Qualité Environnementale) et réponde aux exigences d’une double certification Cerqual et Qualitel Habitat et Environnement. Pour mener à bien l’opération, Habitat 25 a donc confié la maîtrise d’œuvre à l’architecte Michèle Bourgeois, dont la grande expérience dans ce domaine n’est plus à prouver. Avec talent, elle a su revoir l’image souvent austère de l’habitat social : en façade, elle joue sur la chaleur du matériau bois et sur la couleur avec un bardage en pin sylvestre pré-peint en bleu et bleu-gris (lame rainée en bout de 4,20 x 0,12 m en 19 mm d’épaisseur)  mis en œuvre horizontalement ou, sur les façades et pignons très largement exposés au soleil, avec des panneaux composites gris clair en résine thermodurcissable posés à joints creux ; en volumétrie, elle crée des décrochements de toitures pour structurer, rythmer la construction et individualiser chaque logement afin que le projet ne soit pas perçu comme un ensemble collectif. « Il fallait donner une image forte à ce projet qui compte tenu de sa position sur la parcelle, en proue de l’ilot et légèrement en contrebas par rapport à l’environnement immédiat avec des vues en contre-plongée, est d’emblée visible lorsque l’on arrive dans le quartier. »

Bénéficier de l’énergie solaire passive

Un projet conçu en deux ensembles de trois maisons mitoyennes (1 T3, 3 T4 et 2 T5) en R+1 (exception faite d’un logement accessible aux personnes à mobilité réduite) qui bénéficient toutes d’une terrasse et d’un jardinet privatif délimité par des haies vives.

« Tant au niveau de l’implantation que de la conception, plusieurs contraintes sont rentrées en ligne de compte : offrir systématiquement des espaces verts privatifs ; n’avoir aucun vis-à-vis entre logements et, objectif le plus important, faire profiter les logements d’un ensoleillement maximal, tout en évitant les surchauffes d’été, afin de bénéficier de l’énergie solaire passive et ainsi réduire les charges de fonctionnement (chauffage, électricité…). » D’où le traitement de la façade avec des décrochés qui captent la lumière ou au contraire créent des jeux d’ombre portée… « La topographie du terrain présentant une déclivité prononcée du sud vers le nord, les maisons ont également été construites perpendiculairement aux courbes de niveaux pour jouir de la meilleure orientation possible, est – ouest : les pièces à vivre sont situées à l’avant de la maison en façade ouest ; les espaces tampons comme le cellier, la cuisine ou encore l’entrée marquée par des panneaux brises-vues en mélèze (un bois classé 3 naturellement lorsqu'il est purgé d'aubier) sont en façade arrière, à l’est. A l’étage, sous combles, se trouvent les chambres.»

© Atelier de la rue Kléber © Atelier de la rue Kléber © Atelier de la rue Kléber
 1 
Coupe longitudinale
 2 

Entrée de deux des maisons

 3 
Vue d'ensemble par l'arrière



© Atelier de la rue Kléber © Atelier de la rue Kléber © Atelier de la rue Kléber
Insertion dans l'existant, les lotissements récents sont en bas

Détai d'un garage

Une maison et son jardin privatif

Ossature bois, bardage et toiture chaude

L’autre contrainte, technique cette fois, était de réaliser cette opération en utilisant autant que possible des matériaux conjuguant certes des performances environnementales mais offrant également d’excellentes performances thermiques afin d’assurer aux occupants un confort en été comme en hiver. Résultat : du bois, de la ouate de cellulose, une toiture chaude…
Chaque logement est entièrement construit en ossature bois (montant verticaux de 100 x 45 mm de section et d’entraxe 625 mm). Le plancher bas est constitué d’une dalle de 13 cm d’épaisseur coulée sur terre plein et isolée par un polystyrène extrudé sous dalle de 60 mm (résistance thermique R de 2,15 m².K/W). Le plancher haut, en bois également, se compose d’un platelage en contreplaqué de 22 mm d’épaisseur vissé sur des solives (50 x 240 mm, entraxe 510 mm). Pour apporter de l’inertie à la construction et renforcer le confort thermique d’été, une chape béton de 10 cm a, en plus, été coulée sur le platelage sur un film de désolidarisation. Pour également limiter les surchauffes d’été, les combles, non accessibles ont été conçus sur le principe d’une toiture chaude non ventilée : l’isolation se compose de 120 mm de laine de verre placée entre les pannes de la charpente traditionnelle et de 60 mm de laine de roche déroulée en continu sur le plancher non porteur qui constitue le faux plafond de l’étage. La couverture est en bacs aciers nervurés de couleur gris clair qui ont été posés à recouvrement et vissés de pannes à pannes dans le sens de la pente de toit de 30°. La couleur gris clair a été préféré à celle plus classique du gris anthracite pour encore améliorer encore le confort d’été et gagner 2 à 3 °C en température intérieure. 

Une isolation par ouate de cellulose insufflée

En parois verticales, de l’extérieur vers l’intérieur, les murs sont constitués du revêtement de façade (bardage ou panneaux composites) vissés sur une ossature secondaire (vide d’air de 27 mm), d’un pare-pluie agrafé sur un voile d’OSB (10 mm d’épaisseur) assurant le contreventement, de l’ossature bois, de chevrons (45 mm de section avec un entraxe de 600 mm) posés en quinconce par rapport à l’ossature principale et constituant le support de pose des plaques de finition. Un géotextile servant de fond de coffrage à la mise en place d’une isolation par ouate de cellulose est placée sous ces chevrons et un lattage vertical de 27 mm. La ouate de cellulose a été insufflée à sec, à l’aide d’une machine spécifique, en remplissant intégralement la lame d'air de 150 mm constituée par le voile OSB extérieur et le film tissé tendu côté intérieur. « Cette technique d’isolation permet d’assurer la continuité de l’isolant et donc de supprimer les ponts thermiques. La mise en place du géotextile côté intérieur, en fond coffrage, permet de contrôler visuellement la bonne mise en œuvre du produit. » explique Samuel Sœur, économiste de la construction et coordinateur de travaux au sein du bureau d’études techniques Image et Calcul qui ajoute : « La construction affiche, au niveau des murs, un coefficient U de 0,326 W/m².K. Le gain obtenu par rapport auUbat de référence de la Réglementation thermique RT 2000, alors en vigueur au moment de la conception, est supérieur d’environ 30 %. Mais il faut savoir qu’à l’époque, l’ancienne règle de calcul pour la note de calcul thermique réglementaire était défavorable notamment vis-à-vis de l’isolant en ouate de cellulose dont la résistance devait être minorée de façon forfaitaire de 15 %, ce type d’isolant ne bénéficiant pas de certification ACERMI. Le coefficient Ubat obtenu ne reflète donc que très partiellement le niveau d’isolation du bâtiment. ».

VMC double flux et puits canadien

Côté intérieur, la finition des murs est assurée par une, voire deux, plaques de BA 13 au niveau des murs mitoyens. « Ceci afin de garantir une bonne isolation acoustique entre chaque logement. Les murs mitoyens sont d’ailleurs, en plus, séparés par un vide d’air de 2 cm. De la ouate de cellulose, qui présente également des performances acoustiques, a été insufflée, dans ce vide d’air, au niveau des abouts de dalles, pour éviter les transmissions de dalle à dalle et les ponts acoustiques. Toujours dans la même optique, avec cette fois pour objectif de limiter la transmission des bruits entre les différentes pièces du logement, 10 cm de ouate de cellulose a aussi été insufflée entre les solives du plancher haut en bois, dans un plénum ménagé entre le géotextile agrafé sous les solives et le platelage en contreplaqué. Un faux plafond en BA 13 a ensuite été vissé sur un contre-lattage en bois. »

Comme on peut le voir, la performance acoustique est l’un des autres points fort du projet. Des essais in situ ont d’ailleurs été réalisés par Qualitel. Et les résultats vont bien au-delà de toutes les espérances avec des valeurs obtenues largement supérieures aux objectifs imposés par la certification. A titre d’exemple, l’isolement D nT,A entre deux séjours et deux chambres de deux logements mitoyens est respectivement de 67 et 73 dB contre les 53 dB exigés.

Côté équipement technique, la performance n’a pas non plus été oubliée : une ventilation double flux à haut rendement est reliée à un puits canadien par un bi-pass. En hiver, ce puits canadien permet d’apporter à l’intérieur du logement de l’air plus chaud que l’air extérieur tandis qu’en été, il apporte de l’air plus froid que l’air extérieur. En inter saison, le système bi-pass permet de prélever l’air directement sur l’extérieur par une arrivée d’air en façade.

Cela fait maintenant près de 8 mois, depuis le 1er août 2007 exactement, que les nouveaux locataires ont intégré les six logements. Une enquête de satisfaction organisée par Habitat 25 devrait avoir lieu dans quelques mois. Compte tenu de la qualité de la conception et de la construction, il y a fort à parier que les critiques seront essentiellement positives… Du côté du maître d’ouvrage, aucun regret, bien au contraire, puisque « ce projet aux caractéristiques exceptionnelles s’est avéré être financièrement aussi intéressant qu’une opération ne regroupant pas toutes ces qualités. »

 

© Atelier de la rue Kléber © Atelier de la rue Kléber © Atelier de la rue Kléber © Atelier de la rue Kléber
 7 

Plan pour les murs

 8 

Détail du chantier lors de la préparation à la pose de la ouate

 9 
Le voile qui retient la ouate
Détail de la jonction plafond/mur

 

Coordonnées

Maître d’ouvrage : Habitat 25
5 rue Louis Loucheur, 25000 Besançon
Tél. :   03.81.61.88.88
Fax :  03.81.82.76.98

Architecte : Michèle BOURGEOIS, architecte DPLG
6, rue des Plantes
25870 CUSSEY sur Lognon
Tél. : 03 81 57 61 31
Fax : 03 81 57 76 55
e-mail : michele.bourgeois@wanadoo.fr


Entreprise en charge des lots ossature bois, bardage et couverture : Etablissement Verdot (Sarl)
Les Montarmots
17, rue de Tallaneyr
25000 Besançon
Tél. : 03 81 50 42 68
Fax : 03 81 53 07 64
e-mail : verdotcharp@wanadoo.fr

 

Bureau d'études techniques : Image et Calcul IMC (Sarl)
11, rue Alfred de Vigny
25000 Besançon
Tél. : 03 81 50 42 68
Fax : 03 81 80 04 77
email : bet@image-calcul.fr

 

 

E-boutique
sample1

A LA UNE
BEPOS, Solutions bois

sample1

NOS PUBLICATIONS

 

 

Toute la documentation sur la construction et l'aménagement grâce au matériau boisEn savoir plus